Carnets de voyages, rencontres et confection de chocolats aux saveurs du monde

Défi chocolat dans les Maritimes : jours 22 à 27

Les coulisses du défi chocolat dans les provinces maritimes

Relire le résumé des jours 16 à 21

Jours 22 à 27 : première semaine en Nouvelle-Ecosse

Alors que nous reprenions la route pour la Nouvelle Ecosse, nous savions qu’il nous faudrait à nouveau parcourir de la distance. Ne serait-ce que pour rejoindre notre première étape à Halifax, nous avions déjà plusieurs heures de voiture et la suite du périple s’annonçait du même acabit. Lors de la prise de rendez-vous avec nos hôtes, nous avons essayé d’optimiser au mieux notre itinéraire de voyage mais leurs agendas respectifs primaient bien sûr, nous obligeant ainsi à faire quelques crochets. Quelques bonnes surprises nous attendaient cependant en route comme un petit motel à Truro dans lequel nous avons pu nous faire une vraie soirée cinéma dans la chambre – le premier film que nous avons regardé du séjour d’ailleurs – ou encore un dîner au bord du lac avec Joey et Paul, deux hôtes exceptionnels du côté de Mineville.

Ah et évidemment la plus grande nouvelle pour nous à ce moment du challenge est que, si nous ne comptions pas les kilomètres, nous avions enfin toutes nos dates de fixées. Finalement, c’était relax, non? Oui, ou presque…

Jour 22

Pour notre premier jour en Nouvelle Ecosse, nous avions donc rendez-vous avec Kirsten du restaurant vegan Wild Leek à Halifax. En passant la porte d’entrée de la cuisine, nous n’avions aucune idée de ce que nous allions préparer. Après avoir discuté quelques temps au milieu des fourneaux, c’est finalement en posant nos yeux sur le comptoir que l’évidence nous a frappé. Ces cookies étaient là devant nous, délicieusement attrayant. Ni une ni deux, il était temps d’essayer de réaliser des cookies trempés dans le chocolat, une idée qui nous trottait dans la tête depuis quelques temps. Nous avons donc adapté la recette vegan de Kirsten. Et hop, la magie opérait. C’était chouette de pouvoir admirer notre production, fièrement exposée au milieu des autres gâteaux sur le même comptoir qui nous avait attiré au premier abord.

cookies-au-chocolat-comptoir

Jour 23

Notre étape à l’établissement Sugar Moon Farm a vraiment été un moment très spécial. Déjà, l’endroit est digne d’un conte de fée. La maison toute en bois est située en plein milieu d’une grande forêt d’érables. Ensuite, Quita, la co-propriétaire des lieux et toute l’équipe nous ont réservé un formidable accueil. Il semble qu’il y ait une bonne entente ici. Cela nous a évidemment donné envie de faire de notre mieux pour leur faire plaisir. Alors nous nous sommes attelés à la tâche. Et il semble que cela a porté ses fruits d’après ce que Mike, le responsable des réseaux sociaux, nous a rapporté. L’un des sous-chef avec qui il a eu l’occasion de travailler lui a exprimé tout le plaisir qu’il a eu à la dégustation à travers un néologisme, c’est « truffesque ». Whaou, excellent. C’est vraiment ça notre plus grand plaisir à nous, quand les gens se régalent et passent un bon moment.

Jour 24

Alors que nous pensions arriver à notre rendez-vous avec Fred Dardenne en passant la porte d’un magasin en construction, nous étions en réalité entré chez le voisin. Demi-tour donc et cette fois, on entre au bon endroit. Il faut dire que Fred n’a pas une grande devanture pour son magasin mais loue seulement un petit espace avec un très grand frigo dans l’arrière salle d’un restaurant français. Là au milieu de la chambre froide, nous avions tous nos sens en éveil. Fred nous faisait passer toutes ses dernières trouvailles et nous étions comme des fous à sentir et goûter les produits de la cueillette, laissant ainsi vagabonder notre imagination. Mais halte à la rêverie, Fred avait des produits à livrer. Nous l’avons donc suivi dans sa tournée avant de rejoindre sa maison où de nouveaux produits nous attendaient. Si nous n’avions pas un défi chocolat à relever, on peut vous dire que nous aurions pu y rester jusqu’au soir. Mais comme ce n’était pas possible, Fred nous a préparé tout un paquet d’échantillons que nous aurons l’occasion de tester plus tard. A suivre…

Jour 25

Ce qui est amusant au sujet de notre rencontre avec Tabitha, c’est que c’est en réalité sa marraine que nous avions rencontrée il y a de ça quelques temps en Colombie-Britannique lors d’un atelier chocolat que nous animions. Ayant eu vent de notre défi chocolat – qui n’était à ce moment pas encore fixé – elle nous avait mentionné avoir de la famille à Halifax. Nous sommes donc restés en contact et s’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Tabitha et de sa famille aimante. Ils nous ont fait passé une délicieuse après-midi. Non seulement, ceux-là sont des fins palais mais ont aussi un sens de l’humour bien aiguisé. Nous nous sommes bien marrés.

Jour 26

Pour cette nouvelle rencontre, c’est Judy qui nous avait contacté via les réseaux sociaux. Coach bien-être, elle avait vu que nous serions de passage dans la région et nous a proposé de concocter une recette santé. Super, le thème nous plaisait bien. Nous avions donc tout prévu pour réaliser une recette pauvre en glucides, profitant de tous les bienfaits du cacao. Mais nous n’avions pas compté sur le fait que Judy était intolérante au lactose. Mince. Alors voilà ce qui s’est passé dans les coulisses. Stan a fait un premier essai en remplaçant la crème par du lait de coco. Le résultat était peu concluant. Le goût était bon mais la texture un peu ferme. Ok trop ferme. Nous nous sommes donc rabattu sur une mousse à base de chocolat et d’eau et c’est tout. C’était la première fois aussi que l’on tentait l’expérience au siphon. Ca a bien marché, si ce n’est que nous avons servi deux bols au lieu de quatre. Le reste était resté collé dans le siphon. Ne vous inquiétez pas, depuis, on a réajusté la recette. Maintenant, elle marche parfaitement bien et le résultat est très aérien. C’est surprenant.

Jour 27

Parfois, il nous est arrivé de réaliser deux recettes parce que la première était compliquée. D’autres fois, il nous est arrivé d’en réaliser deux juste pour le fun. Comme chez Alex et Caitlyn qui nous avait sélectionné deux produits locaux ; les poires et un autre ingrédient mystère. Vous aimeriez peut-être savoir lequel ? Un peu de patience, nous vous le révélerons très certainement dans quelques temps. Pour cette matinée en tout cas, tout s’est déroulé comme sur des roulettes. Ouf, ça fait du bien quand un plan se déroule sans accroc !

Oh la la, nous arrivions déjà à la fin de cette nouvelle semaine en Nouvelle Ecosse. Nous étions prêts à entamer la dernière ligne droite avec encore trois étapes et pas des moindres. Nous étions surexcités !!! A suivre !

Défi chocolat dans les Maritimes : jours 16 à 21

Les coulisses du défi chocolat dans les provinces maritimes

Relire le résumé des jours 10 à 15

Jours 16 à 21 : l’Ile du Prince Edouard

Après deux semaines riches et intenses au Nouveau-Brunswick, nous avons pris la route pour l’Ile du Prince-Edouard. A mi-parcours, vous avez pu remarquer que nous ressentions la fatigue s’installer. En arrivant à Charlottetown, nous avons eu l’opportunité de pouvoir nous reposer un peu. Surtout que nous avons eu une chance extraordinaire de rencontrer Phil et Nancy qui nous ont permis de poser les valises pour quelques jours dans une charmante maison. Toutes les personnes que nous avons rencontré sur l’île ont d’ailleurs vraiment fait en sorte que l’on se sente comme à la maison. Cette ambiance familiale nous a permis de recharger les batteries. Ça et aussi les nombreux messages de nos proches, des producteurs et de toutes les personnes qui nous supportent dans cette fabuleuse aventure. Il n’y a pas de mot pour exprimer notre ressenti. C’est vraiment incroyable et cela nous permet d’avancer avec une grande joie. Alors avant de commencer notre carnet de bord, nous voulions simplement vous dire merci !

Jour 16

Avant de réaliser notre recette du jour avec Nancy, nous avions été un peu titillés. Nous avions entendu dire que Nancy faisait les meilleurs pancakes de la ville. Excitant, non ? Nous salivions déjà avant de franchir la porte. En tant que blogueuse food, j’ai tant de fois bavé devant des piles de pancakes généreusement arrosés de sirops en tout genre sur les réseaux sociaux (les blogueurs et blogueuses sauront de quoi je parle). Du coup, même si l’idée n’est pas très originale, j’entretenais depuis longtemps l’envie de faire ma propre pile. Oh, ça valait le coup, on peut vous le dire maintenant ! Allez, je vous avoue, Nancy m’avait laissé les commandes de la cuisson des pancakes. Comme à mon habitude, je ratais la première fournée. Pas de panique, ça m’arrive tout le temps. Une poêle pas encore tout à fait assez chaude, un pancake trop gros pour commencer, etc… ça s’arrange toujours après. Mais Phil, le mari de Nancy doit avoir ces petites habitudes. Il se demandait si Nancy ne devait pas revenir à la manœuvre. Mais cette dernière avait confiance en moi. Elle a bien eu raison. Tout s’est bien déroulé sans encombre. Pendant que je finissais les derniers pancakes, Stan réalisait la sauce chocolat pour un résultat, vous l’avez vu, plutôt obscène.

Jour 17

Nous entamions à nouveau cette journée au pas de course. Pour cette recette, Florence nous avait proposé une multitude de produits en provenance des fermes voisines. Il y avait tellement de choix, c’était difficile d’en faire un. Nous arrivions en même temps que le journaliste qui allait nous suivre sur la journée. Pouvoir partager l’aventure avec les médias, c’est évidemment une superbe opportunité de donner un coup de projecteur au travail des producteurs locaux. Cela rend aussi la rencontre un peu moins intime. Mais qu’à cela ne tienne. Florence est une femme incroyable et généreuse. Elle nous a tout de suite mis à l’aise dans sa cuisine. Après une après-midi de confection de chocolats, nous avons eu le droit à un tour de la ferme pour faire la rencontre des…

Jour 18

… adorables chèvres de la ferme. Evidemment, nous ne pouvions pas partir sans réaliser une recette avec les magnifiques produits laitiers de la petite exploitation. Après avoir confectionné une délicieuse recette de glace à base de lait de chèvre et de fromage frais, Florence nous avait réservé une surprise. Alors que soleil était en train de se coucher offrant une vue sublime sur la vallée, Florence sortait de l’étable avec Emily. Nous avons alors eu le droit de nous essayer à l’exercice de la traite. C’était vraiment très marrant. Ok, on s’est dit qu’il y avait vraiment un coup à prendre. Florence était simplement 10 fois plus rapide que nous. Mais peu importe, nous avons pleinement apprécié ce moment. C’était une expérience au top.

Jour 19

Ding-dong. Nouvelle journée, nouvelle maison, nouvelle recette. Mais étrangement, pour cette étape, nous nous sommes tout de suite sentis comme à la maison. Comme nous étions invités à diner, nous avions simplement l’impression de faire partie du petit cercle de Véronique et Patrick. Nous étions en charge du dessert pendant qu’ils se chargeaient de concocter un merveilleux repas pour tout le monde. Il faut qu’on vous dise, nous avons été vraiment gâtés. Nos hôtes nous avaient prévenu que la deuxième économie de l’île était la pêche. Nous avons pu le constater. Sur la table il y avait des huîtres, du homard, des moules, des coquillages… Un vrai festin. Nous n’avons pas boudé notre plaisir.

Jour 20

Oh non, la pluie s’était invitée le matin. On était mouillés et pas franchement de la meilleure humeur qu’il soit. Mais finalement, arrivés à la petite exploitation agricole où tout est cultivé en bio, nous étions éblouis par l’arc en ciel de couleur promis par un étalage rempli de tomates en tout genre. Instantanément, les nuages se sont dissipés. Goûtant les différentes variétés de tomates, nous étions épatés par cette explosion de goût. C’est alors que Stan a déclaré qu’Amy et Verena étaient décidemment les reines de la tomate. Allier tomates et chocolat, au premier abord, cela peut paraître un peu surprenant. Mais comme j’avais une recette de confiture de tomates à la vanille, nous n’y trouvions finalement rien d’effrayant. Nous allions bien réussir à en faire quelque chose. Pendant que nous nous affairions en cuisine, nous papotions agriculture biologique. C’est vrai que l’on a souvent tendance à oublier comment les choses poussent. Notre vision est devenue standardisée avec des fruits et légumes de mêmes calibres et de mêmes formes, avec souvent un goût qui manque à l’appel. On s’offusque d’un ver dans un épis de maïs sans se demander comment les OGM ont pu les tenir éloignés. Finalement, ne paraît-il pas plus logique de choisir celui préféré par d’autres animaux ? C’est un peu ce que l’on se dit ces derniers temps. On préfère couper un morceau un peu abîmé pour déguster un produit sain que de croquer dans un légume dont la nature ne veut plus.

Jour 21

Pour notre dernier jour sur l’île du Prince Edouard, nous sommes revenus à l’établissement du Farm Center à Charlottetown pour y rencontrer Yanira et Betty. Je dis revenus car nous y étions passés quelques jours auparavant pour prendre part à un cours de cuisine animé par Betty. Ce cours est un cours gratuit auquel les habitants peuvent s’inscrire pour apprendre à confectionner un menu et repartir avec. C’est un merveilleux exemple d’esprit communautaire. Nous étions touchés de participer à cette classe et de réaliser le dessert. Nous avons surtout pu apercevoir tout l’investissement des bénévoles qui font vivre l’endroit et prennent soin de ce petit coin de paradis vert au milieu de la ville. Aussi, nous avons choisi de leur rendre hommage avec une tablette à casser aux couleurs de l’endroit pour retranscrire la beauté des lieux et ce qui s’y passe.

Six jours de plus se sont écoulés pour notre défi chocolat. Il nous reste encore un bon quart de notre aventure à vivre pleinement. Cette étape sur l’Ile du Prince Edouard nous a vraiment permis de prendre un nouveau souffle. C’est amusant aussi car l’autre jour, je confiais à Stan comment plus nous avancions dans l’aventure, moins je savais où nous allions. C’est un peu étrange à dire mais c’est un peu vrai. Ce qui nous surprend même davantage, c’est que tous les détours que cette route nous fait prendre sont autant de lieux charmants et de rencontres fabuleuses. Alors même si nous sentons que nous aurons encore besoin de force pour attaquer le dernier tournant, le chemin en lui-même vaut vraiment la peine de s’y perdre ! Une histoire à suivre…

Défi chocolat dans les Maritimes : jours 10 à 15

Les coulisses du défi chocolat dans les provinces maritimes

Relire le résumé des jours 4 à 9

Jours 10 à 15 : plongée au cœur de l’Acadie

Ça y est, nous sommes déjà à mi-parcours de notre défi chocolat ! Et c’est maintenant que nous commençons à comprendre que ce défi se jouera avant tout sur l’endurance. Cette aventure est très intense et nous demande sincèrement beaucoup d’énergie. Heureusement, nous pouvons compter sur l’incroyable accueil qui nous est réservé à chacune de nos étapes. Ces derniers jours, nous avons continué de parcourir le Nouveau-Brunswick et nous nous sommes de plus en plus immergés dans l’histoire de l’Acadie. Autant d’histoires que nous aimerions vous conter.

Jour 10

Quittant Miramichi, nous avons fait route au sud à nouveau pour rejoindre la ferme Terre Partagée un  jour de récolte. Bien que Rebeka et Kevin aient été très occupés à préparer la grande journée de marché du lendemain, nous avons eu la chance de partager un bon moment convivial autour d’un dîner avec eux et leur famille. Juste avant de se mettre à table, Kevin est allé nous dénicher un des nombreux livres de cuisines qui trônaient sur l’étagère. Pas n’importe lequel ; un livre de cuisine Acadienne. En le feuilletant, nous avons réalisé à quel point la gastronomie acadienne avait des points communs avec la gastronomie française. Et pour cause, toutes deux partagent les mêmes racines. Cela nous a vraiment touché et donné envie de creuser.

Jour 11

Alors que nous quittions la ferme pour la ville avec quelques regrets, ces derniers ont tous disparu au moment où nous avons rencontré Cherrie et Roch. Chaque rencontre est toujours pleine de surprises. Un de nos meilleurs moments de la journée, c’est d’ailleurs quand nous venons sonner à la porte avec nos deux grosses valises. C’est très amusant d’être là et de se dire que ce que l’on fait, c’est un peu fou et que les gens qui nous ouvrent et bien ils sont vraiment très sympas quand même. Quant à cette rencontre avec Cherrie et Roch et bien ce n’était que du bonheur. Lorsque des gourmands rencontrent d’autres gourmands, tout se passe bien en général. Nous aurions pu rester des heures à discuter popottes et loisirs créatifs mais après avoir offert un bon repas à une belle assemblée de moustiques, il était temps pour nous d’y aller.

Jour 12

Marie-France et Nancy étant occupées toute la matinée au marché de Shediac, nous avons démarré cette recette en milieu d’après-midi. Nous la réalisions sans encombre. Nous passions un excellent moment. Si bien que nous n’avons même pas  vu le soleil se coucher. Prendre la route le soir, comme ça, cela ne paraît pas compliqué. Mais avez-vous déjà entendu parler de l’orignal ? Eh bien, autant vous dire qu’il ne vaut mieux pas en croiser un sur la route en plein milieu de la nuit. Pour éviter tout risque de collision, nous roulions à une allure fort modérée et deux fois plus attentifs : « Tu regardes à gauche, je regarde à droite ! ». Aussi, la route nous a paru un peu longuette. Heureusement, notre ange Holly nous attendait dans sa petite cabane au bord de la mer. Un vrai havre de paix ; tout ce dont nous avions besoin.

Jour 13

Ah le treizième jour… Un jour intéressant ce treizième jour. Ce dernier a commencé très tôt. Tout ça pour arriver en retard. Mais que s’est-il passé? D’abord, nous avions un peu de route à parcourir pour rejoindre notre étape du jour. Jusque là, on gère. Ensuite et bien nous étions tout simplement en retard sur notre calendrier de publication. Coincés dans un café avec une connexion wifi (et il n’y en a pas partout par ici), nous étions en pleine finalisation de l’article précédent des coulisses. Car oui, faire une recette par jour, l’écrire et la publier en français et en anglais dès le lendemain, c’est du boulot. Et les coulisses, encore un peu plus. Ce treizième jour, nous avons eu l’impression que nous n’arriverions pas au bout. Il faut dire que toutes ces rencontres et ces conversations sont autant d’histoires que nous aimerions partager avec vous. Mais force est de constater que nous ne sommes que deux et que les journées ne font que 24 heures (et que Stan est un gros dormeur ;)), alors nous ne pouvons pas toujours faire tout ce que nous avons prévu. C’est un peu frustrant.

Enfin arrivés à la Distillerie Fils du Roy, nous nous sommes laissés complètement emportés dans les fabuleuses histoires de Sébastien qui en connait un rayon sur l’Acadie. Lorsque nous nous sommes lancés dans la recette entre les barils de gin et autres spiriteux, nous avions les idées claires. Et pourtant, c’est là que la ganache a tranché ! Ça arrive, mais pas de panique, cela peut se rattraper. Donc si vous essayez de reproduire une recette et que la ganache prend une drôle de texture, n’y touchez plus. Remettez la simplement au froid quelques instants avant de la remixer de nouveau.

Jour 14

Après une journée de la veille riche en émotions et clôturées, il faut le souligner, par une dégustation complète des meilleurs spiritueux de la distillerie Fils du Roy, il n’était pourtant pas question de traîner au lit le matin du jour 14. Même si je l’avoue, nous n’aurions pas dit non à une petite grasse matinée. Encore une journée excitante cependant qui valait la peine de courir un peu. Nous avons eu la chance de passer du temps dans deux endroits historiques : le Village Historique Acadien et l’Hôtel Paulin, nous offrant un beau voyage au cœur de l’Acadie.

Jour 15

Bienvenue au paradis ! C’est réellement comme ça que nous avons perçu cette étape à la ferme Maury. Après tant d’intensité, nous avons apprécié prendre le temps pour cette dernière journée de notre parcours au Nouveau-Brunswick. Profitant d’un moment paisible au bord de la mer, en compagnie de gens charmants, c’était chouette, en toute simplicité. Une parfaite halte avant de se mettre en route pour l’Ile du Prince Edouard !

La semaine dernière, nous avons vécu des journées très intenses. Plus nous avons parcouru le Nouveau-Brunswick et plus nous avons eu l’occasion de découvrir l’histoire acadienne, plus nous avions envie d’en apprendre davantage. Cette semaine s’est aussi révélée pour nous le moment où nous avons pris conscience de nos limites. L’aventure est encore longue et c’est pourquoi la suite de cette histoire vous attendra demain…

Défi chocolat dans les provinces Maritimes : jours 4 à 9

Les coulisses du défi chocolat dans les provinces maritimes

Relire le résumé des jours 1, 2 et 3

Jours 4 à 9 : changements de vie

Il y a deux ans, Stan et moi prenions la décision de changer de vie. Nous voulions passer plus de temps ensemble. Nous avions aussi envie de faire voyager la culture française et en particulier la gastronomie. Grands amateurs de chocolat, l’idée de nous y intéresser de plus près nous est apparue comme une évidence. Depuis, elle a fait son chemin. Stan est retourné sur les bancs de l’école et a obtenu son diplôme de chocolatier. J’ai continué de me perfectionner en pâtisserie tout en continuant d’alimenter mon blog culinaire. Technique et savoir-faire en poche, nous étions fin prêts pour nous lancer dans cette expérience culinaire inédite en quête de nouvelles saveurs et de rencontres gourmandes.

Jour 4

Pour cette 4ème étape de notre défi, nous sommes allés à la rencontre de Mickaelle, Cédrick et Alyson qui nous ont ouvert les portes de leur charmante maison à Dieppe. Nous avons pris contact avec Mickaelle via sa page Facebook il y a quelques semaines. – La technologie et les réseaux sociaux, c’est quand même sympa… surtout quand on se lance dans un challenge comme celui-ci ! – Sur cette page, elle y retraçait ses aventures et celle de sa famille dans le Nouveau-Brunswick. Tous les trois y ont déménagé il y a un an, quittant la région de Poitiers en France pour rejoindre les terres canadiennes. L’heure du changement avait sonné ! Confortablement installés, ils aident désormais les nouveaux arrivants dans leur démarche d’expatriés.
Une manière, selon eux, de rendre la pareille car eux aussi ont bénéficié de l’aide de la communauté au moment de leur installation. Un bel état d’esprit, n’est-ce pas ?
Concernant la recette, nous avons pris beaucoup de plaisir à réaliser ces tartelettes framboises tous ensemble. Nous allons quand même vous avouer un truc : nous avions préparé la pâte à l’avance car elle avait besoin de se reposer (o-r-g-a-n-i-s-a-t-i-o-n, une leçon apprise des jours précédents). Mais reposer n’est pas tricher, vous validez ?

Jour 5

Oh la la… en vue de l’ingrédient proposé, nous étions carrément impatients de rejoindre Sarah et Jeremie ! Ce qu’ils font pousser ? Des piments ! Avec Stan, on adore la nourriture épicée. L’année dernière, Jeremie avait fait pousser deux pieds de piments. Cette année, presque trente ! Dont huit variétés différentes. Sarah et Jeremie ont transformé leur maison en véritable serre l’hiver dernier pour arriver à créer cette jungle urbaine ! Ces deux là ont la main verte. S’ils continuent à ce rythme là, nous ne serions pas surpris de les retrouver avec un grand champs de piments derrière leur maison dans quelques temps.
Leurs piments sont juste fabuleux… Savoureux et colorés comme on les aime, et coté « caractère » nous avons été comblé ! D’ailleurs, à les avoir manipulé tout l’après-midi pour les besoins de la recette, je peux vous assurer que le bout de mes doigts s’en souviennent : 24 heures de sensation piquante après notre session cuisine. En tout cas, l’association chocolat/piment fonctionne à merveille et nous avons beaucoup apprécié partager ce moment épicé avec ces deux belles personnes.

Jour 6

Mardi, Audrey nous attendait avec son fidèle compagnon « Indiana » sur le perron de la porte. Ce dernier nous a fait craquer d’ailleurs, à mi-chemin entre le chien loup et l’ourson en peluche.

Audrey, une radieuse trentenaire, est la première à avoir accepté de participer à ce défi chocolat un peu fou, annonçant de suite une générosité et une ouverture d’esprit qui se confirmera dès les premières minutes de discussion ensemble.
En entrant dans la cuisine, nous découvrons une magnifique illustration réalisée au feutre sur un tableau blanc « Welcome Chocolate Hackers »… Quel accueil ! Nous sommes touchés.
Cette petite émotion passée, il était temps de « mettre la main à la pâte ».
Pendant la préparation de ce brownie aux cerises en grappe (avec avec la confiture de cerises confectionnée par Audrey au préalable) nous avons beaucoup discuté de voyages et de nouvelle vie. En effet, Audrey et son petit-ami ont fait le grand saut il y a deux ans déjà, laissant leurs montagnes des Alpes françaises pour rejoindre les plaines et les rivières de l’Est Canadien. Actuellement à Moncton, ils ne se ferment pas la porte pour bouger à nouveau et explorer le reste de la province prochainement. Globe-trotter un jour…
Même si ce n’est pas forcément évident de se retrouver loin de sa famille, l’aventure reste tout de même plus facile qu’il y à 150 ans lorsque les premiers Européens ont débarqué en Amérique du Nord. Les moyens de transports sont plus nombreux et plus rapides et les outils de communication bien plus efficaces.
Grâce à ça, changer de continent n’est plus synonyme de tout abandonner derrière soi. On peut ainsi continuer de créer davantage de contacts tout en restant connecté avec la famille et les amis.
Bon ok, c’est joli toute cette modernité mais ça ne nous permet toujours pas de profiter d’un bon brownie fondant aux cerises en grappe à 5 000 km de distance… Pour ça, il faut pouvoir se réunir. Et ce jour-là, c’est avec Audrey que nous avons eu la chance de déguster ce fameux gâteau !

Jour 7

Le changement ne se produit pas nécessairement tout d’un coup et en une seule fois. C’est aussi et surtout l’addition de plusieurs petites avancées quotidiennes qui peuvent le créer. Notre visite à la cave à vins de Magnetic Hill Winery a bel et bien confirmé cette réalité.

Zach et ses parents ont un agenda plus que fourni. Ils sont sans cesse occupés à perfectionner leurs installations dans l’entreprise familiale. Afin de pouvoir organiser cette rencontre gourmande, nous leur avons envoyé des mails, les avons appelé et finalement rencontré chez eux. Notre persévérance valait amplement la peine car leurs produits sont excellents et Zach est un type super sympa et surtout un gros bosseur, une vraie personnalité.

Côté recette, nous n’avons pas rencontré de difficultés majeurs. Le vin d’érable si savoureux est venu flatter à merveille les saveurs du chocolat de Madagascar. Il n’y a pas de secret, quand on la chance de travailler avec des bons produits, on a toutes les chances d’obtenir des bons résultats.

Jour 8

Pour se rendre à la ferme de Didier, nous avons parcouru un bon bout de route au milieu des arbres. Nous avons tourné à gauche pour emprunter un petit chemin de terre et après quelques kilomètres (merci encore Doug de nous avoir conseiller un bon 4×4…) nous sommes finalement tombés sur… Des chèvres ! Salut les biquettes ! Du coup, on s’est arrêtés, pas vraiment le choix vu qu’elles étaient au milieu du chemin. Le temps pour moi de me dépatouiller avec mon téléphone, voulant faire une vidéo de cette scène inattendue mais prenant des photos sans le faire exprès… Bref, nous étions déjà remontés dans la voiture pour rejoindre la fromagerie.
Après avoir saluer Didier et avoir réaliser que les normes de sécurité ne nous permettaient pas de cuisiner dans une fromagerie, direction la cuisine privé de notre grand belge bienveillant. Belle journée, chaude et ensoleillée… Rendant les conditions assez difficiles pour Stan et le tempérage de son chocolat. Une fois cette bataille gagnée, il a cependant réussi à nous concocter une ganache surprenante, trouvant le parfait équilibre entre le chocolat et le fromage de chèvre. Pendant ce temps là, nous en avons appris davantage sur ce magicien du fromage de chèvre. Lui aussi, il y a 4 ans de cela, a décidé de prendre un grand virage dans son existence.
Maître d’hôtel au service du roi de Belgique, Didier a quitté son pays natal pour rejoindre le Nouveau-Brunswick et apprendre son métier de fromager. Pour notre plus grand plaisir je dirais car nous avons été charmé par la qualité et la diversité de ses fromages de chèvre.
Un parcours très inspirant pour nous, Didier a tout recommencé, il a appris un nouveau métier et ne cesse de l’améliorer chaque jour en essayant de nouvelles techniques et recettes. Et qui dit essayer, dit aussi se tromper parfois… Sa dernière erreur de fabrication ? Le « brigand », un fromage de caractère né d’une erreur et destiné dans un premier temps à finir aux oubliettes… Sauf que ce loupé est désormais une des meilleures ventes de la fromagerie ! Les clients de Didier ne jurent plus que par ce produit désormais.
La persévérance et l’amour de ce que l’on fait, ça paye, ce sera la leçon du jour.
Pour autant, nous n’avons pas été assez téméraire pour utiliser le « brigand » dans notre ganache, craignant la force de ce dernier… Mais qui sait, il n’est pas impossible que nous repassions par la fromagerie au fond du bois un de ces jours pour relever un nouveau defi !

Jour 9

Les bleuets sauvages faisaient partie de notre liste des incontournables. Nous vouons une vraie passion pour ces petites baies violettes. Nous avions donc rendez-vous le matin à 9h00 avec Monique de l’association des Bleuets NB Blueberries. Elle nous a emmené faire la cueillette dans la bleuetière de Bruno à Brantville. C’est toujours quelque chose que d’aller chercher ses produits directement à la source. Ce petit truc en plus qui donne un goût particulier aux préparations. Une fois notre panier rempli de bleuets sauvages, nous nous sommes rendus au Carrefour Beausoleil à Miramichi, un lieu où le changement a aussi la part belle. Marc le nouveau directeur de l’établissement a fait beaucoup pour la communauté depuis qu’il en a pris les commandes. Son nouveau chef Pat lui aussi a changé de cap, troquant les restaurants branchés de l’Ontario pour reprendre les commande de la cuisine communale. Avec Dawn, ils font un travail formidable. Savez-vous qu’ils préparent les sauces tomates avec des vraies tomates ? Cela ne paraît pas grand chose mais c’est un travail de colosse. Nous avons vraiment été bluffés. Mais Pat et Dawn y trouvent leur compte quelque part. Le plaisir de servir des produits frais et sains aux enfants et au personnel suffit à leur donner l’énergie nécessaire. Pour nous, cette rencontre a été formidable. Tant d’un point de vue personnel que culinaire. Nous avons beaucoup échangé sur nos recettes de cuisine, celle du muffin aux premières loges bien sûr. Nous étions très satisfaits du résultat. Vous pouvez l’essayer les yeux fermés.

 

En entamant ce challenge chocolat dans les provinces Maritimes, nous voulions tenter une nouvelle expérience gastronomique mais aussi vivre une belle aventure humaine. Le moins que l’on puisse dire c’est que nous sommes servis à tous les niveaux. Nous avons rencontré jusqu’ici des personnes extraordinaires et découvert d’excellents produits. Nous faisons le plein d’énergie positive que nous espérons partager avec vous au travers du récit des coulisses de notre aventure. En attendant la suite, rendez-vous demain à 9h pour une nouvelle recette.

Défi chocolat dans les provinces Maritimes : jours 1, 2 et 3

Les coulisses du défi chocolat dans les provinces Maritimes

Jour 1

Pour la première étape de notre défi chocolat, nous nous faisons étape chez Danielle et Marc à Moncton. Juste le temps de poser nos affaires et d’enfiler nos vestes et nous sommes prêts à nous lancer dans la première recette avec nos hôtes. Danielle et Marc sont très amicaux et nous sommes heureux d’improviser un atelier chocolat dans leur cuisine. Nous parlons voyage, nourriture et comment se passe la vie dans les provinces Maritimes, surtout l’hiver. Loin de ce que l’on connait à Paris, où la neige se fait rare et ne tient presque jamais. L’après-midi se passe et à la fin de la journée, nous avons la sensation de nous être faits deux nouveaux amis. Première recette, première réussite.

Le soir venu, nous avons également la chance de rencontrer Alain. Marc l’a invité à nous rejoindre sachant que nous aurions beaucoup de choses à partager. Le bienveillant Alain en connait un rayon sur la gastronomie et les produits locaux. Il nous aide à identifier des personnes que nous pourrions contacter de sa part. Grâce à lui, nous fixons un rendez-vous avec David de la boutique Briggs Maples. En un seul coup de fil, il accepte de nous recevoir le lendemain. Gentil, n’est ce pas ? Nous nous sentons vraiment reconnaissants. Et c’est maintenant que les ennuis commencent… Qui a dit que ce défi serait facile ?

Jour 2

Nous avons un plan ambitieux en tête. Nous voulons réaliser un fudge bicolore à 2 étages. Faut-il mentionner que nous n’avons jamais fait de fudge auparavant ? Galvanisé par notre propre excitation, nous nous lançons bille en tête dans la réalisation de la recette. Sans avoir la moindre idée de ce que nous faisons.

Une heure plus tard… OK, échec. Passons au plan b… « David, pouvons-nous revenir demain matin pour voir si le fudge a pris ? »

Le lendemain… oups… OK, plan C. Nous allons faire quelques… truffes ! Et voilà comment nous clôturons ce chapitre malheureux. Nous savions déjà que tout peut arriver en cuisine. Maintenant nous en sommes sûrs. Inutile de dire que nous étions évidemment très déçus. Mais heureusement, il y a des gens comme David qui vous donne la force de continuer à innover et essayer de nouvelles choses.

Jour 3

Le jour 3, nous rencontrons Craig et sa belle famille à Lewis Mountain Fresh Farm. Sa spécialité ? La choucroute. Avant le jour 2, nous voulions absolument sortir de notre zone de confort. Après le jour 2, nous avions en tête de réaliser des recettes un peu moins difficiles. Bon… Faisons donc ce gâteau au chocolat avec de la choucroute ! Et parfois essayer de nouvelles choses, cela fonctionne et c’est bon. La maman de Craig approuve notre recette la qualifiant d’une « amélioration acceptable de la recette ». Un propos élogieux de la part de l’épouse d’un agriculteur d’après Craig.

Cette aventure est définitivement pleine d’émotions. Elle a ses hauts et ses bas, ses hauts et ses bas et ça plusieurs fois par jour. Mais vous savez quoi, c’est la meilleure façon de se sentir vivant.

Du chocolat à Moncton

Moncton, J-0 : démarrage de la mission

Les contrôles de l’aéroport passés, nous rejoignons le shop confidentiel Budget à Moncton où nous attend Doug avec notre véhicule camouflage. Celui-là même qui nous servira à sillonner incognito les routes canadiennes pendant ces trente prochains jours.

En ce début d’aventure, pour être tout à fait honnêtes, nous ne sommes pas aussi confiants que l’agent 007. Nous sommes un peu chamboulés par le décalage horaire et un chouïa nerveux en pensant à ce qui nous attend. D’autant que tout n’est pas calé, carré et millimétré. Ce qui est un tantinet flippant et en même temps super grisant.

Nous voilà donc en route pour la première étape de notre mission qui consiste à nous infiltrer dans un quartier résidentiel de Moncton, plus précisément chez Danielle et Marc. Ils possèdent un miel bien particulier au cœur de Danielle que nous allons tenter de décrypter afin de le marier au mieux au chocolat dans une recette originale. Loin du flegme britannique, nous arrivons sur place complètement excités et d’une humeur badine difficile à cacher. Heureusement, nos hôtes ont l’air de partager notre état d’esprit. Ça promet…

Rendez-vous dès demain à 9h (14h heure française) pour découvrir ensemble la première recette !